dans le dernier numéro du Monde Diplomatique,
deux articles sur l'éducation aux Etats Unis,
toujours intéressant de savoir ce qui se passe là-bas...

"New York remet en cause le tout-sécuritaire à l’école

Par Chase Madar

En avril, en France, les états généraux de la sécurité à l’école ont mis l’accent sur les portiques détecteurs d’armes et la présence policière dans les établissements. Un simple regard sur l’expérience new-yorkaise aurait pourtant douché cet enthousiasme sécuritaire..."

ça fait réfléchir...

et

En marge des universités, les « community colleges »

Face aux coûts prohibitifs de l’enseignement supérieur, les « community colleges » offrent aux classes populaires américaines un accès à des filières professionnelles de bon niveau. Formation continue et adaptation aux besoins sociaux assurent leur succès, sur fond de crise économique.

Par Dominique Godrèche

De passage à Paris le 5 juillet 2009, Mme Jill Biden, épouse du vice-président américain Joseph R. Biden, avait déclaré que les community colleges étaient « la solution de l’avenir » pour son pays.

Le 14, le président Obama s’est engagé à propulser le taux de diplômés des Etats-Unis au premier rang mondial — après des années de stagnation — en s’appuyant sur ces établissements d’enseignement supérieur publics de premier cycle (lire Onze millions d’étudiants). Un plan évalué à 12 milliards de dollars, l’American Graduation Initiative, doit leur permettre d’obtenir cinq millions de diplômés par an à partir de 2020. Les fondations Gates, Lumina, Kellog et Ford ont dans la foulée annoncé qu’elles apportaient leur soutien aux colleges...

Pourquoi donc suscitent-ils soudain un tel engouement, chez les dirigeants américains mais aussi chez leurs administrés, puisque ceux-ci s’y inscrivent en masse depuis un an ?

Si les raisons ne manquent pas, elles sont d’abord d’ordre économique, en ces temps de crise. Accessibles à tous, sans limite d’âge ni distinction sociale ou de provenance académique, les community colleges représentent aux Etats-Unis le remède à un enseignement universitaire aussi cher que sélectif. Leur cursus sur deux ans prépare, au sortir du lycée, à l’associate’s degree nécessaire pour obtenir — après deux années à l’université — le bachelor’s degree. Il offre ainsi aux élèves issus des classes défavorisées, qui ne pourraient financer quatre ans d’études dans une université privée, un accès à l’enseignement supérieur. De plus, ces colleges dispensent des enseignements professionnels sanctionnés par des certificates, ainsi qu’une éducation diversifiée, à une frange de la population qui autrement n’aurait droit à rien, notamment les immigrés. Enfin, ils jouent un rôle clé dans la formation continue et la remise à niveau pour les personnes en échec scolaire ou qui souhaitent se recycler professionnellement.

Le college de Santa Fe (Nouveau-Mexique), fondé en 1982, constitue un exemple typique. Ses départements proposent un programme (...)


Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique de juin 2010 actuellement en kiosques.